je vous mets aujourd'hui un texte d'une personne rencontrée
au hasard de mes visites son blog est une merveille :
LA LEGENDE DE YEPA
Il est dit que dans la plaine du Mississipi, une vieille femme a vu en rêve un envoyé du Grand Esprit. "Ta fille enfantera, lui déclara l'envoyé, et l'enfant s'appellera Nantan, le Porte-parole. Adulte, il quittera sa demeure pour propager un message de paix parmi les nations." La fille de la vieille femme s’appelait Yepa (Princesse de l’hiver). Elle était douce et d’une beauté époustouflante. Elle rêvait plus que tout au monde d’être mère à son tour et de chérir ses enfants. Quand la vieille squaw raconta son rêve personne ne la crut sauf sa fille. Le clan se moqua ouvertement des deux femmes et on interdit les hommes d’approcher Yepa sous l‘ingénieuse idée des autres femmes du clan jalouses de sa beauté. Comme la vieille squaw persista, le chef de clan, Enyeto (marche comme un ours) poussait par le shamane de la tribu, qui lui n’avait pas eu la moindre vision, interdit à quiconque d’épouser Yepa et déclara qu’elle finirait ses jours seule dans un tipi à l‘écart du village. Ce qui pour une squaw était la plus grande injure. Une femme sans mari était une honte absolue… Mais Yepa qui voulait avoir plus que tout au monde un enfant ne perdit pas espoir. Le Grand Esprit la comblerait bientôt, ne lui avait-il pas promis. La jeune squaw perdit sa mère la même année, emplie de remords vis à vis de sa fille, la pauvre femme affaiblie ne passa pas l’hiver. Une année s’écoula ensuite laissant Yepa dans une solitude insoutenable. Quand elle se rapprochait du village pour prendre sa part de vivre et de peaux de bisons, on la fuyait et on ne lui adressait pas la parole. Et quand elle tournait le dos, elle n’entendait que chuchotements et ricanements… Une jour d’hivers alors que le camp se préparait à la migration, le chef du village fit venir Yepa dans sa tente. Il lui ordonna de ramener de l’eau pour le voyage. « Mais Seigneur… Les terres sont gelées… L’eau n’est que glace… » Les protestations de la jeune Yepa ni firent rien. Au contraire Enyeto se mit en colère et lui dit qu’il ne voulait pas d’une squaw qui ne serve à rien. Elle demanda de quoi se couvrir mais on lui refusa. Elle partit alors avec pour seul vêtement sa tunique et le tas de gourdes qu‘elle devait remplir. Mais dans les plaines, quand le vent d’hivers souffle, il n’épargne aucune vie. La jeune Yepa fut vite paralysée par le froid mais elle continua et finit par trouver un point d’eau non gelé au bord du Mississipi. Elle trempa ses fines mains dans l’eau glacée du fleuve pour remplir les gourdes et repartit vers le camp avec son lourd fardeaux. Cependant au bout de quelques heures de marche, la frêle jeune femme à bout de force s’écroula et perdit connaissance. Elle rêva à son tour de l’envoyé de Grand Esprit, il était magnifique. Ses yeux d’or la captivait. Il lui dit de ne plus avoir peur et doucement la fit sienne dans le ciel de l’hivers. Il lui dit ensuite qu’elle serait la mère du fils du Grand Esprit et qu’elle serait désormais respecter de tous. Quand la jeune femme se réveilla, elle était dans un tipi de sa tribu. On la soigna et le cortège se mit en route. Au bout de cinq mois, le clan arriva à destination et le camps se monta. Yepa demanda à voir le chef qui la reçut non sans réticence. Elle lui parla de son rêve et lui montra son ventre arrondi part la vie qui germait en elle. Enyeto la crut tout de suite mais le shamane de la tribu, la traita de menteuse. Le chef fit alors venir une vieille squaw de la tribu renommée pour déceler la virginité des jeunes filles. La vieille femme emmena Yepa dans son tipi et l’examina. Quand elle en ressortit elle dit à Enyeto que la jeune femme était toujours pure. Le shamane ne put que se résigner et accepter la volonté du Grand Esprit. La nouvelle fit le tour du village et Yepa fut bientôt traitée comme la première squaw du village. On lui donna la meilleure nourriture, les plus beaux vêtements et la femme du chef l’adopta comme sa propre fille. Les mois passèrent et Yepa finit par mettre au monde un superbe garçon aux yeux jaunes et portant la marque du Grand Esprit sur son épaule droite. L’enfant grandit heureux dans sa tribu, et devint un beau jeune homme instruit des cultures cheyennes, respectueux des esprits de la nature et adroit au combat. Il décupla sa magie, sous la bienveillance du shamane du village qui ne pouvant plus renier son origine divine, l‘aida de son mieux. Puis à ses 18 ans le chef du village lui offrit le plus beau cheval de son élevage, une superbe jument mustang noire. Ce geste anodin en soit ne l’était pas pour les cheyennes… Le chef venait de renier publiquement son fils légitime pour mettre à sa place Nantan. C’est désormais lui qui à la mort d’Enyeto serait le chef du village. Les années passèrent et Nantan n’eut pas le temps de devenir chef car la puissante famille de sorciers qui contrôlaient les Amériques apprit son existence. Elle envoya un ambassadeur. Celui-ci devait ramener Nantan avec lui. Le chef du clan et tout le village s’y opposèrent. L’ambassadeur n’arrivait même pas à parler tellement les gens du village hurlaient leur mécontentement. Yepa et Nantan qui jusque là étaient restés dans leur tipi sortirent. Aussitôt, le silence se fit. Yepa se posta juste devant l’ambassadeur de la famille et le regarda droit dans les yeux. « Je te donne mon fils étranger puisque tel est son destin…Prend le avec toi et va t’en… » Alors Nantan embrassa sa mère, cette dernière lui donna son pendentif où trônait une magnifique turquoise : « Pour te souvenir de ta mère… » lui dit-elle les larmes aux yeux tout en caressant sa joue… « Vous serez toujours présent ici…mère… » dit Nantan en se désignant le cœur puis il se tourna vers l’ambassadeur et partit avec lui. Le chef de la tribu demanda à Yepa pourquoi elle avait commis ce geste irréparable. Elle lui dit en regardant son fils s‘éloigné : « Rappelez-vous le rêve de ma mère et les paroles du Grand Esprit : Ta fille enfantera et l'enfant s'appellera Nantan, le Porte-parole. Adulte, il quittera sa demeure pour propager un message de paix parmi les nations… » Puis, elle se retourna vers le chef : « Le moment est venu… » et elle retourna sous son tipi.
http://danounice.skynetblogs.be/ (merci à toi de me permettre de mettre tes textes et tes images )